Citoyenneté et politique: quels enjeux pour les jeunes camerounais?

Article : Citoyenneté et politique: quels enjeux pour les jeunes camerounais?
09/06/2020

Citoyenneté et politique: quels enjeux pour les jeunes camerounais?

Éduquer pour changer les mentalités

Au Cameroun, il existe une crise aiguë de citoyenneté. Le recul du patriotisme, la corruption, le favoritisme et d’autres pandémies en sont les témoins. La fondation Denis Lenora a organisé à Dschang, à l’Ouest du Cameroun le 12 septembre 2019 une discussion sur le dialogue, la paix au Cameroun et la participation des jeunes, une manière de répondre à la crise de citoyenneté.

Pour une jeunesse responsable

C’est une évidence le pays le pays est en faillite! Des valeurs morales s’effritent. Mais il faut de nouvelles manières de procéder, un nouveau leadership, de nouveaux leaders. En tant qu’avenir de la société, la  jeunesse ne doit ni rester à s’apitoyer sur son sort ou sur celui de l’ensemble du pays ; ni chercher un bouc émissaire à qui attribuer tous les maux qui frappent le Cameroun. Ce serait alors une marque d’irresponsabilité. Cela dit, elle a ses efforts à faire. Que ce soit dans la manière de choisir ses leaders ou dans son « silence-conformiste et complice » par rapport à ce qui se passe dans son pays. De ce fait, assumer ses responsabilité se ramène aux actions entreprises pour la construction du pays. C’est aussi développer une certaine citoyenneté et un engagement dans ce qui peut servir sa communauté.


Participation et s’intégrer

 « Participer, c’est s’intégrer soi-même ! » La participation de la jeunesse présuppose nécessairement l’acquisition d’un ensemble d’informations utiles qui lui permettent de faire face à ses responsabilités face à sa réalité. La responsabilité, c’est être à même de questionner ceux-là qui dirigent ou qui aspirent à l’être, dans leurs actes. La participation de la jeunesse est son intégration dans son entourage, dans les regroupements de jeunes, les associations, les clubs culturels, etc.

Information et formation

La connaissance ne tombe pas directement du ciel, comme on le dit, elle se trouve dans les livres, les bibliothèques, les revues, les journaux, les magazines, à travers l’internet, les réseaux sociaux, etc. Elle se pratique du jour au lendemain dans les différents milieux où se développent les rapports humains.  Une jeunesse qui se veut responsable doit saisir ses opportunités pour se former en vue d’influencer la réalité des choses. Toutes les connaissances sont censées être à la portée de tout le monde.


Si seulement on avait appris la citoyenneté aux camerounais ! 


Toute société qui existe, l’est à partir du niveau d’appartenance des individus qui y vivent. Aucune ne peut fonctionner correctement sans l’action citoyenne, se manifestant à partir de la jouissance d’un ensemble de privilèges (droits) et la reconnaissance d’un ensemble d’obligations (devoirs) envers la patrie. Il s’ensuit que tout citoyen, pour qu’il soit reconnu comme tel, doit pouvoir s’adapter aux caractéristiques qui s’alignent au concept de citoyenneté. Bien qu’on soit majeur à 21 ans au Cameroun, l’on n’est citoyen que dans l’exercice de ses droits civils et politiques, et ses devoirs conformément à la manière à ce qui est articulée dans la constitution de 1996. Aujourd’hui, plus que jamais, notre regard doit être tourné vers le Cameroun. Les potentialités sont là, il suffit donc de les faire développer normalement. Personne ne peut changer ses conditions de vie sans son implication et sa volonté. La responsabilité de la jeunesse, sa citoyenneté et son engagement sont les éléments nécessaires pour participer au processus du développement du pays.


La politique est un tabou


Dès leur plus jeune âge, on apprend aux jeunes à avoir peur de la politique. Oser parler de politique à la famille, ou dans d’autres milieux, c’est dégainer toutes les forces du mal contre soi. C’est le résultat du comportement des acteurs sur la scène politique qui priment leurs intérêts sur ceux de l’ensemble de la population, depuis les périodes d’antan. Les luttes pour le pouvoir, la corruption, les coups bas, etc. sont entre autres éléments qui teintent cette sphère et laissent des mauvais goûts dans l’encrage de l’ensemble de la société. Il faut donc avoir beaucoup d’audace pour s’y intégrer, pour le meilleur et pour le pire. Cela constitue un blocage qui suscite des réticences certaines de la part des jeunes qui évoluent déjà en toute vulnérabilité et fragilité, du fait d’être l’objet de toutes formes de manipulation de différents acteurs dans la sphère politique.

Point n’est besoin de rappeler ce que représente l’éducation dans la bonne marche d’une société quelconque. Mais il est utile de porter un regard critique sur certains facteurs de l’éducation au Cameroun. Un problème de socialisation de l’individu-camerounais dont se chargent la famille et l’école principalement. Rien qu’à travers ces instances fondamentales de transmission de savoir ne se pose de véritables problèmes qui exigent de nouvelles réflexions.Associer les jeunes à la prévention des conflits et à la préservation de la paix« :Impliquer davantage les jeunes dans la prévention des conflits. La prévention des conflits est  la manière de s’attaquer aux causes profondes de ceux-ci. Ce sont souvent les jeunes qui sont les plus directement touchés par les conflits et les situations d’instabilité dans le monde.

Des jeunes camerounais  acteurs de la gouvernance lors des rencontres citoyennes pour la promotion de la paix et du dialogue au Cameroun, rencontres organisées à Dschang-Cameroun le 12 septembre 2019 par la Fondation Denis Lenora, pour la proposition des solutions innovantes de paix pour la résolution des crises au Cameroun.
 Source : fondation Denis & Lenora

L’immense majorité des jeunes est pacifique. C’est un raccourci simpliste de braquer tous les projecteurs sur « les jeunes en situation de risque », en donnant des jeunes hommes l’image caricaturale de « délinquants en puissance » et des jeunes femmes celle de « victimes potentielles », tout en laissant complètement dans l’ombre la majorité pacifique.

Partagez

Commentaires