Etre une femme c’est tellement difficile! Je pense que c’est important de briser le silence

Article : Etre une femme c’est tellement difficile! Je pense que c’est important de briser le silence
14/08/2020

Etre une femme c’est tellement difficile! Je pense que c’est important de briser le silence

Paroles d’une victime.

J’ai été récemment contacté par une rwandaise qui me lit régulièrement via Mondoblog. Elle est cultivée, gentille et sympa. Elle affirme m’avoir contacté parce que j’ai publié un autre billet sur une jeune camerounaise, Rebecca Jourdain, victime de la maltraitance. Elle décide donc de se confier à moi en me parlant de son histoire pour que je puisse la partager  avec le reste du monde.

Pour elle, être une femme c’est difficile, depuis qu’elle a vécu une expérience traumatisante de viol et des menaces dans un garage à Paris. Séduit par son profil, j’ai accepté d’écrire un billet pour son témoignage sur mon blog.

Kabeya Melrose : Etre femme c’est tellement difficile…j’ai vécu une expérience traumatisante. Généralement je ne parle pas de ma vie partout, mais j’en ressens personnellement, je pense que c’est important de briser le silence!

J’avais un problème avec ma voiture,on m’a conseillé un mécanicien qui fait de bons prix et un bon travail. Je me suis rendue chez le fameux mécanicien, il a fait son boulot mais il manquait quelques pièces que j’ai dû ramener pour qu’il poursuive son travail. On avait déjà convenu que je passerai au garage après le travail. J’arrive donc comme convenu et je remarque que le volet de son garage est fermé, mais j’ai pas cherché à comprendre, ce qui était une grosse erreur de ma part. Je sonne donc la porte. Les deux fois où je me suis rendue à ce garage, ils étaient deux, mais cette fois-ci c’est une personne que j’ai trouvée. Je rentre, il m’explique qu’il doit se déplacer vite et rapidement. Je lui tends les clés de mon véhicule et je voulais me diriger vers la porte pour sortir, il se tenait devant moi et juste derrière lui il y avait la porte.

Kabeya Malrose
Crédit photo: @Kabeya Melrose

Je ne comprenais rien !

A ce moment précis il me bloque le passage, il me dit non, tu ne sortiras pas sans me faire un bisou. Je pensais qu’il rigolait mais c’était nerveux, je lui réponds que je ne lui ferai pas de bisou et je lui demande de me laisser passer. J’ai répété cette phrase trois fois et il n’a pas bougé, je me suis sentie en danger, il m’a attrapée et commencé à m’embrasser sur le cou et à me caresser les seins et les fesses, il me maintenait fort. J’étais dans l’incapacité de le repousser, j’ai donc commencé à crier mais la porte était fermée et le volet de son garage aussi. J’étais seule avec lui, j’ai commencé à le supplier de me laisser et de ne rien faire, il a continué de me tripoter et de me maintenir contre lui.

Il a continué au moins pendant 10 minutes et moi aussi, j’ai continué à me débattre comme je pouvais et de le supplier d’arrêter ,mais il me disait qu’il avait toujours rêvé de faire l’amour avec une femme noire et qu’il allait faire vite et que j’étais pas obligée de payer le reste des frais de réparation de la voiture…je hurlais, je lui ai dit que je vais appeler les flics mais il ne voulait pas me lâcher.Je lui ai menti en lui disant qu’une personne devait me rejoindre et qu’elle ne devrait pas tarder.

Il a fini par me lâcher tout en étant tout frustré, il affirme que j’avais de la chance qu’il était pressé et qu’il avait un rendez-vous.J’ai fini par sortir de là, il est parti. Je suis restée dans la rue traumatisée par ce que je venais de vivre en pleurs. J’ai composé la numéro de la police, je leur ai dit que je venais de vivre une tentative de viol. Ils sont arrivés peu de temps après, je leur ai tout expliqué.

Kenfack Dirane : Quelle était la réaction de la police?

Kabeya Melrose : Quand  j’ai fini mon explication, un des policiers m’a dit que ce n’était pas une tentative de viol, car il n’y a pas eu pénétration et que c’était juste une atteinte à la pudeur.Vous vous imaginez vous venez de vivre ça et on va dire que vous dramatisez les choses? j’ai donc fait ma déposition sur place et peu de temps après le garagiste est revenu. Quand il a remarqué la police, c’était trop tard, il ne pouvait plus s’enfuir.Il est descendu de sa voiture. Interrogé par la police, il a tout démenti. Les policiers ont conclu que c’était sa parole contre la mienne et que je n’avais pas de preuve contre lui. J’ai été séquestrée dans son garage et j’ai subi les attouchements, mais la police n’a pas arrêté le coupable, ils m’ont dit de rentrer chez moi. Le coupable a continué dans son travail comme si de rien n’était et le soir il est rentré chez lui.

Pour moi, il n’y a vraiment pas la justice, je sais que mon dossier va être classé sans suite, je n’ai aucune preuve matérielle contre lui, je suis vraiment dégoûtée . Il va continuer sa vie et peut-être recommencer sur une autre femme et aller plus loin. 

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Commentaires

Dr K.
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même si cet homme qui t'a agressée ne sera pas puni pour cela, que cela ne t'empêche pas de continuer à vivre ta vie pleinement. Ton témoignage pourra en avertir plus d'une, sur le danger de certaines situation qu'on pourrait penser anodine. Courage pour te relever de cette épreuve et comme on dit chez nous: ' laisse le reste à Dieu'.

Billet très utile.

Kenfack Dirane
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Thank you very much.