Mon aventure amoureuse avec le Kenya

Article : Mon aventure amoureuse avec le Kenya

Mon aventure amoureuse avec le Kenya

J’ai effectué récemment une tournée internationale en Afrique du Sud, de l’Est et dans la région des Grands Lacs, respectivement  à Johannesburg (Afrique du Sud), à Nairobi (Kenya) à Kigali (Rwanda) et deux escales brèves à Entebbe (Ouganda) et Brazzaville (Congo). J’ai fait d’incroyables rencontres et des découvertes sur ce pays d’Afrique de l’Est, le Kenya. J’ai donc décidé de parler de cela dans ce billet.

Si vous ne me suivez pas sur les réseaux sociaux, vous ne savez peut-être pas que j’étais il y a quelques jours en Afrique du Sud et au Kenya pour notamment participer à un séminaire sur la gouvernance migratoire au African Center for Migrations and Societies de Johannesburg, à une conférence à l’Université de Nairobi organisée par the Global Forum of Migrations and Development Societies et au bureau régional des Nations Unies à Nairobi, invité pour une conférence à l’occasion de la journée mondiale des Droits de l’Homme, le 10 décembre 2019, grand événement se déroulant chaque année aux Nations Unies et ans ses bureaux partout dans le monde.

Comme je l’ai promis à nombre de personnes, je vais publier au fil des jours une série de billets sur mon incursion en terre kényane en compagnie d’autres jeunes leaders africains et du monde. J’aurai l’occasion d’écrire sur Johannesburg et Kigali dans un autre billet. Pour commencer, j’ai décidé de livrer mes impressions. Je vais essayer d’apporter dans ce texte les réponses aux questions que je me suis posées avant de me rendre pour la première fois au Kenya, ce pays d’Afrique de l’est. Oui, j’ai fait une tête bizarre quand j’ai reçu l’invitation. Je me suis d’abord demandé : « Pourquoi moi ? Comment ai-je fait pour apparaître dans leur liste de contacts ?« . Et puis, je me suis rapidement souvenu que je suis plutôt ouvert à l’inconnu et à l’étrange, à quelque chose de surréaliste. Du coup, tout ce qui paraît étrange ou différent m’est une tentation. Rien à faire ! Je me suis alors laissé embarquer dans l’aventure. Dès lors, les premières questions ont vraiment commencé à me trotter dans la tête et surtout, les premières déconstructions.

Quel accueil !

Je suis reparti très inspiré de Nairobi. Mon séjour fut synonyme de belles rencontres et découvertes. Cependant, si je dois citer immédiatement un fait positif, je dirais le chaleureux accueil des Kényans. « Jambo ! », c’est-à-dire, « Bonjour, bienvenue » en swahili, restera un des mots marquants de ce voyage. Je  l’ai entendu tant de fois, dès mon l’arrivée à l’aéroport, et partout où j’allais.

Aéroport International Jomo Kenyatta,  Nairobi,Kenya.Des passagers descendus de l’avion remplissent des formulaires pour l’obtention du visa.
Crédit photo: Kenfack Dirane

         
Que de sourires, que de gestes de générosité, que de personnes serviables dans ce pays ! Je ne peux que les remercier d’avoir contribué à ce que je passe des instants incroyables.

A Nairobi, il n’y a pas que des kényans, loin de là. J’ai  rencontré des Camerounais, des Éthiopiens, des Pakistanais, des Sud-africains, des Américains, des Britanniques, des Libanais, des Chinois, etc. Et il nous a été expliqué que tout le monde s’entendait plutôt bien, parce que le Kenya est connu pour son hospitalité. De nombreux étrangers sont nés au Kenya y habitent, y possèdent de nombreux magasins, investissent et créent la richesse.En voyage, je ne fais pas partie de ceux qui sont amateurs de découvertes culinaires, du fait de la volonté de surtout passer du temps à visiter. J’ai mangé à l’hôtel où j’étais logé et dans d’autres fastfoods de Nairobi. Bien sûr, beaucoup de mets kényans sont à base de manioc, patate, banane plantain, poulet braisé, poisson fumé, soupes… C’était bon, parfois même délicieux.

Mets kényan composé de spaghetti , de pommes de terre, de gâteaux
 Crédit photo : Kenfack Dirane

Se déplacer grâce au réseau de transports

Lorsque je voyage, je préfère marcher car cela permet de mieux découvrir le pays. Cependant, dans le cadre de mes travaux à Nairobi, le transport était fourni et pour mes courses personnelles, j’ai opté pour le taxi et également Uber. Il y en a des centaines de taxis qui sillonnent les rues de Nairobi. Les taxis sont constitués de voitures de luxes. Vous êtes avec votre  chauffeur, ceinture obligatoire. C’est donc facile et coûteux mais sûr.

Cependant, il faut négocier, car sinon, vous paierez le prix fort. Mon chauffeur de taxi était vraiment sympathique et m’a fourni des explications sur Nairobi, des conseils. Donc c’était intéressant comment cela se passait pour eux à Nairobi, comment se portait leur domaine d’activité. À Nairobi, il existe les transports en commun, les bus appelés « Matatu » en swahili. Ces transports sont populaires et moins coûteux, mais je le déconseille aux touristes.

Uber Taxi à Nairobi
Crédit photo: Kenfack Dirane



Bus/transport en Commun au Kenya appelé  » Matatu » en swahili.Ce transport est low cost et réservé à ceux qui nont pas assez de moyens pour se payer des courses en taxi.
Crédit photo: Kenfack Diran
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Je n’ai malheureusement vu qu’une petite partie de Nairobi… Comme j’étais en déplacement professionnel, mon but n’était pas de faire du tourisme. Toutefois, le peu que j’ai visité m’a donné envie de revenir pour en découvrir bien plus ! J’ai pu sillonner Nairobi  la nuit, et connaître les différentes sections, leurs particularités, mais aussi les grands projets en cours.

J’ai quand même eu le temps d’aller au Westgate Shopping Mall, un gigantesque supermarché situé dans le prestigieux quartier de Westlands à Nairobi et devenu célèbre après l’attaque des Sbebabs somaliens J’ai parcouru les magasins à River Road à Nairobi CBD, à Village Market. Que de mouvements, que de bruits, que de couleurs, que de monde ! Je me souviendrai longtemps de ces instants d’une belle intensité.

Kenyan Cultural Center, Kenyatta Avenue, Nairobi, 
       Crédit photo : Kenfack Dirane

Des chaussures fabriquées localement à Nairobi, appelées « Bata ».Village Market, Nairobi, Kenya

             Crédit photo : Kenfack Dirane

Autre souvenir mémorable : notre parcours dans Nairobi, incroyable ville historique, que je vous raconterai dans un autre billet…

De surprise en surprise

 En régardant ces images, vous aurez compris que je suis tombé sous le charme de Nairobi

      Kenyatta Avenue, Nairobi City Country,Nairobi, Kenya Nairobi City Country, Avenue Kenyatta. 
L’avenue Kenyatta est le cœur de Nairobi et le symbole du pouvoir au Kenya.On y retrouve notamment la cour suprême kényane, le centre de conférences Jomo Kenyatta, les services du Gouverneur, les Nairobi Towers,  Kenyan National Archives.
              Crédit photo : Kenfack Dirane

À Nairobi, le père de l’indépendance, Jomo Kenyatta, et les grands héros qui ont marqué l’histoire de l’Afrique sont représentés dans les rues, à travers les monuments, les bâtiments et leurs œuvres figurent aux archives nationales du Kenya. L’aéroport International Jomo Kenyatta, le Centre de Conférences Jomo Kenyatta, l’avenue Kenyatta, l’Université des technologies Jomo Kenyatta, la rue Edouardo Modlane, la rue Hailé Sélassié, la rue Patrice Lumumba, la rue Kwamé Nkrumah, le monument de Gandhi à l’Université de Nairobi… Bref, Nairobi est une ville magnifique, incroyable et un lieu où on respire le parfum de l’histoire, une ville qui est en parfaite communion avec sa mémoire.

Le Monument de Gandhi à l’Université de Nairobi, département d’histoire.
Crédit photo: Victor Omenda, étudiant en histoire à l’Université de Nairobi

 La manière de percevoir et vivre sa vie différemment d’un point à l’autre du globe. De ce côté, parents, enfants, célibataires, amoureux, cœurs brisés, etc., tous sont fans de la vie dans la nuit. Les kényans font la fête tous les soirs. En français facile, ils sont presque systématiquement de sortie dès la tombée de la nuit pour prendre un café, fumer ou boire un verre (aux parfums absolument tentants).La police effectue des patrouilles nocturnes pour débusquer les délinquants dans les rues de River Road et de Keekorok Road, à Nairobi CBD.

Nairobi, ville en état d’alerte

Avec les attentats contre les ambassades des États-Unis à Nairobi et à Dar-Es-Salam en 1998, l’attaque du Westgate Shopping Mall à Nairobi et de l’Université de Garissa par les shebbabs somaliens, le Kenya est en état d’alerte terroriste. La police kényane a reçu beaucoup de pouvoir. Les policiers en civil sont partout. Des hélicoptères de la police survolent Nairobi à tout moment. C’est carrément «Big Brother» grandeur nature. Les caméras de surveillance pullulent les rues et mêmes ces endroits où vous vous croyez seuls.

La police sillonne les rues et ruelles également la nuit. Chaque coin sensible a un agent de sécurité. Pour avoir accès à l’Université de Nairobi, entrée principale, bibliothèque, départements respectifs, restaurant, boutique, bus, etc. on présente sa carte d’étudiant, on est soigneusement identifié, des caméras de surveillance assurent également la surveillance électronique. Les filtrages de sécurité se font à chaque niveau et la police dispose de plusieurs postes d’intervention rapide en cas d’attentat ou d’arrestation d’un éventuel suspect.

L’image du Cameroun à l’extérieur est ternie à cause de la situation chaotique  que vit le pays : instabilité, corruption, mauvaise gouvernance, violation des droits de l’homme, ce qui suscite une certaine méfiance envers vous lorsque vous êtes un camerounais à l’étranger.

Après avoir obtenu mon visa à l’Aéroport Jomo Kenyatta, je cherchais à récupérer mes bagages sur le tapis roulant de l’aéroport. Trois hommes en civil avec des émetteurs m’ont demandé de m’arrêter et m’ont demandé mon passeport. À mon tour je leur ai demandé de se présenter, ils l’ont fait. Je leur ai donné mon passeport qu’ils ont vérifié et ont affirmé que j’avais un visa d’affaire, pourtant j’étais en voyage professionnel.

Nous sommes allés dans leurs locaux à l’aéroport, ils m’ont posé un tas de questions, ils m’ont demandé pourquoi je suis au Kenya, je leur ai montré les invitations que j’ai reçues de l’Université de Nairobi et du bureau régional des Nations Unies. Lorsqu’ils ont vérifié tout, ainsi que les détails de mon hôtel et appelé d’ailleurs et tout était en ordre, ils m’ont dit « Give coffee for Kenyan police ».Je leur ai dit sèchement que je n’ai rien à leur donner. Ils ont voulu me prendre de l’argent, j’ai commencé à  hausser le ton et ils  m’ont laissé. Bref, la police kényane a voulu m’extorquer de l’argent, mais je suis resté  droit dans mes bottes et ils ont compris que j’étais un dur à cuire.

La ville est belle, certes, mais les plaisirs sont encadrés. Surtout les prises de vue. Première claque pour moi. Je me suis vu interdire de recommencer des prises de vue avec mon téléphone. Tant que vous respectez le «contrat social» établi, vous n’aurez pas de problème. J’ai pris de nombreuses photos de Nairobi, parfois aidé par la police. Pour qu’un kényan qui ne vous connais pas vous filme, vous devez lui donner quelque chose. Lorsque vous demandez à quelqu’un de vous filmer, quand il réalise que vous ne parlez pas le swahili, il est méfiant. Et ceux qui acceptent de vous filmer avec votre téléphone vous disent: «  Give me tea ».Les édifices ont une architecture très variée, autant qu’ils abritent souvent des bureaux.

 Khoja Mosquee, Moi Avenue, Nairobi, Kenya.La 
mosquée Khoja est l’une des plus anciennes du  Kenya.Elle date du XIXème siècle.
            Crédit photo : Kenfack Dirane

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Je ne vais pas tout raconter en même temps. Il faut y faire un tour pour découvrir et vous faire votre propre expérience. À la fin, j’espère que vous trouverez dans ce texte des éléments pour dédramatiser votre séjour dans ce pays d’Afrique de l’Est. C’est une expérience totalement surréaliste. Juste parce qu’il faut y aller et goûter au temps qu’il fait sur la côte  à cette période de l’année. Au moins, vous pourrez vous gargariser de mourir avec un brin de culture générale en plus. Avec du vécu surtout étrangers, mais bon, ça vaut la peine d’y faire un tour.

Je retournerai à Nairobi. Je suis loin d’en avoir fait le tour. Je remercie vraiment tous ceux qui ont pris le temps de nous expliquer, nous conseiller, nous guider

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Kenfack Dirane
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